ALGER- La situation au Liban a connu depuis mercredi un tournant dangereux après les affrontements armés entre partisans de la majorité et ceux de l'opposition au Parlement, faisant plusieurs morts et blessés, alors que la communauté internationale appelle "les parties libanaises à mettre fin" aux combats. Selon des sources sécuritaires, le bilan de ces affrontements est de 11 morts. Un précédent bilan faisait état d'au moins sept morts et 13 blessés dans la capitale libanaise.
Les combats se poursuivaient vendredi matin pour le troisième jour consécutif à Beyrouth, où plusieurs quartiers de l'ouest de la capitale sont tombés entre les mains de l'opposition.
Toute la nuit et jusqu'à vendredi matin, des tirs d'armes automatiques et de roquettes étaient entendus, notamment dans l'ouest de la capitale, où se concentrent les combats entre membres du mouvement de résistance libanais, Hezbollah qui dirige l'opposition et ceux du parti de la majorité du député Saad Hariri.
Le port de la capitale libanaise a cessé toute activité en raison des combats, alors que le trafic aérien est toujours quasi-paralysé, l'opposition ayant bloqué la route menant à l'aéroport international de Beyrouth depuis mercredi à l'occasion d'une grève générale. "Les syndicats ont décidé de fermer le port en raison de la situation au Liban", a déclaré à la presse un responsable des autorités portuaires, Elie Zakhour.
Par ailleurs, "des hommes armés ont encerclé l'immeuble de Future TV", dans le district de Sanayeh, à l'ouest de Beyrouth, et ont demandé, via le commandement de l'armée, "la fermeture de la chaîne", a affirmé Nadim Moulla, PDG de la chaîne propriété de la famille Hariri. La télévision a cessé peu après d'émettre.
En outre, la résidence du député libanais Saad Hariri, qui se trouve à Koraytem (ouest de Beyrouth), a été frappée vendredi par une roquette. "Une roquette de type RPG a touché le mur d'enceinte de la résidence de M. Hariri", a déclaré à la presse un responsable proche du député libanais, précisant toutefois qu'aucune personne n'a été blessée.
Le gouvernement libanais avait décidé mardi d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par la formation chiite du Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche de ce mouvement.
Mercredi, une grève sur des revendications sociales a dégénéré en affrontements entre partisans de la majorité et ceux de l'opposition, après que ces derniers aient bloqué la route menant à l'aéroport international de Beyrouth. Le leader de la majorité Saad Hariri, a appelé jeudi le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à "mettre fin au siège de Beyrouth" et proposé que l'armée libanaise "décide du sort des décisions" prises par le gouvernement à l'encontre de la formation chiite. L'opposition, menée par le mouvement Hezbollah, a rejeté ces initiatives. "La manoeuvre de Hariri d'impliquer l'armée dans une affaire qui ne la concerne pas a été refusée de manière claire et rapide", affirme la chaîne du Hezbollah Al-Manar.
La communauté internationale a appelé, de son côté, les deux parties au Liban (majorité et opposition) à mettre un terme à ces affrontements pour sortir le pays de la crise. Le Conseil de sécurité de l'Onu a apporté jeudi son soutien aux institutions libanaises et appelé au calme et à la réouverture des routes. L'Union européenne (UE) a exprimé son regret et appelé "les parties libanaises à mettre fin" aux affrontements. L'Arabie saoudite a appelé vendredi les ministres arabes des Affaires étrangères à se réunir pour trouver une solution à ces violences.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a par le passé effectué plusieurs voyages au Liban pour une médiation dans la crise présidentielle, a exhorté, pour sa part, les dirigeants libanais à éviter toute escalade dans la crise libanaise. Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est dit, de son côté, "profondément inquiet", appelant les protagonistes à "faire prévaloir le dialogue" pour mettre un terme à leurs différends.
Pour sa part, la Russie a exhorté jeudi les parties libanaises à faire preuve de retenue et d'éviter toute action ou démarche pouvant faire sombrer le pays et toute la région dans le chaos.
Le Liban est sans chef d'Etat depuis la fin du mandat d'Emile Lahoud le 24 novembre dernier. En outre, les institutions du pays sont paralysées depuis plus d'un an à la suite de la démission de tous les ministres de l'opposition qui réclament plus de pouvoir.
Des centaines de personnes fuient vers la frontière syrienne
ARIDA (Liban)- Des centaines de personnes, dont des ressortissants étrangers et des travailleurs syriens, se dirigeaient vendredi vers la frontière syrienne pour fuir les affrontements armés entre partisans de la majorité et ceux de l'opposition au Parlement libanais qui ont fait depuis leur éclatement mercredi au moins 11 morts et des dizaines de blessés, ont rapporté des médias. Selon les mêmes sources, des hommes, des femmes et des enfants sont arrivés en masse aux postes frontières d'Arida, dans le Nord du Liban, et Masnaa, dans l'Est du pays, pour tenter de sortir du pays où les affrontements armés se poursuivaient vendredi.
Eclatés mercredi, les affrontements armés entre partisans de l'opposition et ceux de la majorité au Parlement ont fait au moins onze morts et des dizaines de blessés, selon un bilan donné par un responsable de la sécurité libanaise.
A l'origine de ces violences, la décision mardi du gouvernement libanais d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par la formation chiite du Hezbollah à travers le pays et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche de ce mouvement. Ces décisions ont été considérées par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, comme une "déclaration de guerre", affirmant que son groupe était "prêt à se défendre par les armes".
Ces affrontements interviennent alors que le Liban traverse une crise politique sans précédent marquée notamment par une vacance à la tête de l'Etat depuis la fin du mandat d'Emile Lahoud le 24 novembre 2007 faute de consensus entre la majorité et l'opposition.